Le calvaire de Courcemont

Non loin d’Orbais, se dresse sur un rocher de meulière, le calvaire de Courcemont. Ce témoignage du passé rend hommage à  l’un des  moines de l’Abbaye d’Orbais enlevé par les Hongrois. Hucbold, pendant sa captivité, reçut plusieurs flèches de ses ravisseurs qui vinrent se briser sur son corps, et les coups portés par les épées des Hongrois ne purent atteindre le moine. Il fût libéré par la suite lorsqu’un évêque payât sa rançon. Lieu de prière, hommage rendu au miracle, le calvaire de Courcemont témoigne aujourd’hui encore, de la foi d’Hucbold.

Calvaire de Courcemont

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Châsses et reliquaires

Au Moyen-Âge, la châsse ou fierté était censée représenter le cercueil et renfermait les ossements d’un saint , elle était la dernière étape de la canonisation. Disposée au sein de l’église, elle permettait aux fidèles et aux pèlerins de venir se recueillir et de prier les saintes reliques. La châsse pouvait être aussi emmenée en procession à travers la ville pendant les périodes d’épidémies , de famines, de guerres, attirant ainsi les bonnes grâces du saint concerné. A Orbais, les châsses de saint Réole et de saint Prix furent disposées dans l’église abbatiale, mais ont été remplacées par de petits reliquaires ne conservant qu’une partie des ossements.

châsse de saint Martin

Saint Réole et Orbais

Saint Réole devenu veuf vers 662, il rejoint l’Abbaye d’Hautvillers pour devenir moine. Il est nommé évêque de Reims en 669 à la mort de Saint Nivard, et meurt en septembre 695 après 26 ans de gouvernance en l’église de Reims. Devenu saint, ses reliques disposées à Orbais, font déplacer en nombre les pèlerins qui prient  Réole en quête de guérison. De nos jours les reliques de saint Réole mais aussi de Saint Prix ne trônent plus en l’église d’Orbais l’Abbaye. Suite à des actes de vandalisme commis en 2005,  il ne reste plus qu’une côte du saint en l’église d’Ambonnay.

Avant d’arriver au trône pontifical, il avait été marié a la fille de Childéric; c’est vous dire le haut rang que tenait dans l’état Réole, que quelques chroniques disent avoir porté le titre de comte de Champagne. Un fait d’une grande gravité pèse sur la mémoire de notre Saint. -Vers 680, du temps d’Ebroïn, maire du palais, gouvernait sous le nom du faible Thierry, Engilbert de Paris et Réole de Reims, furent députés vers Martin d’Austrasie, vaincu par Ebroïn,  et réfugié dans les murs imprenables de Laon. Revêtus en apparence du caractère sacré de ministres de paix, les deux évêques partent du camp, précédés des châsses des saints, gages certains de leur bonne foi. Reçus  avec honneur à Laon,  ils jurent à Martin qu’il ne leur sera fait aucun mal, s’il veut se rendre près d’Ebroïn pour traiter de la paix: Martin crédule sort de Laon, et tombe soudain sous le fer des assassins. -Engilbert et Réole se prétendirent absous de leur parjure, parce que, disaient-ils, ils avaient ôté les reliques des châsses. -Depuis, Réole expia ce crime par la fondation du monastère d’Orbais, et les heures de pénitence qu’il passa dans la tour que vous avez sous les yeux. (tour St Réole)   extrait de la chronique de Champagne par Henri Fleury

La Tour Saint Réole d’Orbais

La Tour Saint Réole est datée du XIIème siècle, époque de la reconstruction de l’abbaye d’Orbais, mais des textes mentionnent sa présence dés la fondation de l’abbaye au VIIème siècle. Sainte Réole, Archevêque de Reims, fût bâtir l’abbaye pour expier ses pêchers et passa des heures entières en pénitence dans la tour qui porte aujourd’hui son nom. Plus tard au IXème siècle, nous retrouvons sa trace : elle servit de cachot au moine Gottschalc d’Orbais avant qu’il ne soit enfermé en l’abbaye d’Hautvillers. Il devient urgent de restaurer ce bâtiment classé monument historique, car sa toiture délabrée ne protège plus l’ensemble. Aujourd’hui, l’édifice se retrouve isolé de l’abbaye, entouré par des maisons d’habitations : vous pourrez quand même l’admirer si vous décidez de passer une nuit dans les chambres d’hôtes qui portent son nom. En effet, vous pourrez prendre votre petit déjeuner avec une vue imprenable sur la tour.

La Tour Saint Réole

Le cloître de l’Abbaye d’Orbais

En visitant l’abbaye d’Orbais, il vous faudra faire preuve d’imagination pour admirer le cloître bâti fin XVIIème qui reliait l’église à ses bâtiments conventuels. En effet, seul subsiste aujourd’hui une petite partie qui vient d’être rénovée. Nous aurions aimé que Louis Courajod soit né plus tôt, car seul l’église abbatiale, la chapelle Saint Réole, la tour Saint Réole, un trumeau peint et son ensemble de menuiserie du XVIIIème sont classés monuments historiques. Nous savons que le moyen le plus sûr de sauvegarder un tel édifice est de le conserver dans son ensemble. Morcelée année après année, nous ne pouvons que regretter la disparition d’une part importante de notre abbaye.

élément du cloître de l'Abbaye d'Orbais

L’industrie et l’Abbaye d’Orbais

L’implantation des abbayes en milieu rural au Moyen-Âge va transformer l’industrie et l’agriculture. A Orbais, le savoir des moines est mis a contribution, de vastes chantiers sont mis en œuvre pour canaliser le ru et les sources qui traversent le village : passages voûtés, construction de digues, vannes de régulation, fontaines. Des moulins et bien d’autres bâtiments seront ensuite construits pour assurer la production de farine, de briques, de peaux tannées, de fer forgé. De vastes forêts seront coupées et les marais asséchés pour permettre la culture céréalière et l’élevage. Les retenues d’eau, en amont des digues, serviront la pisciculture. Les moines utiliseront tout le savoir de l’ingénierie antique et moderne ainsi que la force hydraulique pour faire prospérer l’économie locale.